Plaidoyer pour le vélo (2/2)

Jean-Louis Mante est impliqué dans la vie de Roquemaure au niveau du développement touristique, de l’accessibilité des publics à mobilité réduite, du dialogue entre les différentes communautés, mais aussi sur l’intermodalité bus / vélo ou train / vélo : le partage de l’espace urbain. C’est un défenseur des déplacements à vélo : il est délégué du Gard pour l’association française pour le développement des véloroutes et voies vertes (AF3V) et administrateur de l’association « Croco Vélo » à Nîmes. L’Écho l’a rencontré.


Jean-Louis Mante, nous avons abordé dernièrement la place à donner au vélo dans notre environnement, mais en quoi cela concerne-t-il notre village ?

« Faisons un état des lieux : sur ma proposition appuyée par l’AF3V, le tracé de la ViaRhôna devait traverser Roquemaure, cette véloroute européenne étant de nature à dynamiser le tourisme et le commerce local.
Malheureusement, la difficulté de contourner et sécuriser la RD 980 au niveau de l’entrée nord de Sauveterre et le souhait du département de Vaucluse de prendre en charge financièrement un tracé sur la rive gauche du Rhône ont conduit à ce choix par entente entre les deux départements voisins.
Il faut par ailleurs souligner qu’ici l’usage quotidien du vélo est essentiellement le fait de personnes du 3° âge qui ont gardé leurs bonnes habitudes, que les déplacements de moins de 3 kilomètres sont faits en voiture, pour emmener les enfants à l’école ou au collège, faire ses courses comme aller au marché ou chez nos producteurs agricoles locaux. Je ne crois pas que la mise à disposition des Roquemaurois d’un vélo avec remorque par l’Intermarché ait connu un succès fou. Les emplois industriels se trouvent plus loin, sur le plateau de l’Aspre et les déplacements non sécurisés des salariés à vélo sont l’exception. »

Mais alors avez-vous des idées spécifiques pour Roquemaure ?

« Partant de ce constat, j’ai proposé en 2014 au Département, au Grand Avignon et aux communes de Roquemaure, Sauveterre et Villeneuve-lès-Avignon un tracé de véloroute reliant sur 18 kilomètres les deux ponts sur le Rhône dans les deux communes d‘extrémité. Il a été accepté et reconnu de principe par le Département comme entrant dans la catégorie de ses « boucles cyclables ». La ville de Roquemaure a été la première à réaliser ses travaux de balisage et avec l’appui de la Compagnie Nationale du Rhône, mettre en service une voie verte de 600 mètres sur l’île de Miémart. Sauveterre a suivi en modifiant légèrement mon tracé proposé, mais surtout en ouvrant une voie verte de 440 mètres vers la fin de la montagne de l’Aspre dans la combe de Caderache de manière à ce que cet aménagement lève l’insécurité du passage sur la RD 980. La ville de Villeneuve-lès-Avignon a engagé de longues procédures administratives afin de boucler cet ouvrage. Il sera connecté en ses deux extrémités à la ViaRhôna, permettant par exemple d’imaginer des circuits de découverte oenotouristiques bi-départementaux. Il convient maintenant de relier cette boucle aux centres d’intérêt de Roquemaure : La zone commerciale de la route d’Avignon, sans même un trottoir aujourd’hui, la Zone d’activité de l’Aspre, la future gare TER.
Autre projet qui me parait intéressant dans les perspectives ouvertes par Madame La Maire vers un meilleur partage de l’espace en centre-ville et sur la Pousterle par ailleurs traversé par notre véloroute actuelle.
Pensons aussi à l’accueil de nos visiteurs (camping, chambres d’Hôtes, et restauration ou hôtellerie non dimensionnées à la capacité d’un autocar ou d’une navette fluviale. »

Il semble quand même que l’AF3V rencontre des difficultés avec les maîtres d’ouvrage ?

 » Oui et ils sont nombreux dans l’élaboration d’un projet d’aménagement et son financement : les Communes ou groupements de communes, les départements, les Régions, l’État, l’Europe, mais aussi les structures qui gèrent notamment les espaces publics concédés (Chemins de halage, ports, gares SNCF par exemple). Les superpositions de compétences et des intérêts divergents sont quelquefois un obstacle sérieux au bouclage final d’un projet. »

Est-ce que vous retrouvez les mêmes difficultés au niveau de Roquemaure ?

« À l’intérieur d’un espace communal les choses sont plus simples car les interlocuteurs ne sont heureusement pas aussi nombreux. Il faut cependant veiller à la cohérence des projets et à leur continuité géographique. La difficulté vient souvent de la maintenance des ouvrages existant avec par exemple aucun fauchage sur la voie verte à Miémart depuis sa mise en service voici plus de trois ans. Ceci entraîne un rétrécissement de la voie ou des crevaisons. Idem pour les nombreux balisages directionnels qui ont été correctement posés mais qui pour certains ont été dégradés.
Enfin, rien n’oblige les élus à bénéficier de nos retours d’expérience acquis au travers de nos randonnées dans tout le pays. Nos associations travaillent avec les élus qui croient aux déplacements doux comme ceux qui croyaient au chemin de fer au 19° siècle. Les autres ignorent nos suggestions ou propositions.  Je dis toujours que pour une collectivité quelconque, un coup de gomme sur un plan est préférable à l’intervention d’une pelle mécanique, notamment pour le contribuable local. Ainsi lors de l’aménagement de la route de Nîmes, il a fallu recomposer la signalétique vélos/piétons sur trottoirs une fois l’ouvrage terminé et quelquefois en zigzaguant entre les poteaux d’éclairage ou de signalisation, sinon les trottoirs hauts. »

Merci jean-Louis Mante.

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