Stéphane Cardènes : ses projets pour Roquemaure

Commençons par l’économie. Combattre la pauvreté le chômage, quelle politique économique ? Tout le département est frappé mais Roquemaure peut être plus qu’ailleurs. Avez-vous des pistes pour l’emploi ?

Déjà pauvreté et chômage je ne pense pas que ce soit nécessairement lié. Il y a des travailleurs pauvres, des retraités pauvres. C’est sûr que lorsqu’il y a une perte d’emploi c’est plus sensible, mais la pauvreté touche tout le monde. A Roquemaure quand on voit le centre ville, les logements, la qualité du milieu dans lequel on vit, le fait qu’il y a une diminution des services ça peut participer aussi à une forme de pauvreté.

En tout cas ça touche les pauvres quand il y a une diminution des services.

A Roquemaure l’une des problématiques de la ville, par rapport à avant c’est que c’était un vrai chef lieu de canton. Tous les gens venaient à la banque ici, et il y a maintenant une perte dans les équipements. Du coup les personnes se sont tournées vers d’autres lieux. Pour moi ce qui est important c’est d’avoir des structures suffisantes dans la collectivité, et faire en sorte qu’au niveau des équipements publics ou parapublics il y ait suffisamment d’acteurs qui travailleront ensemble. Il faut que la collectivité soit un lieu de centralité, que vous ne puissiez pas faire votre carte d’identité à Roquemaure c’est un peu ridicule. Certains diront qu’il faut acheter une machine, il faut former un agent c’est compliqué. Je ne pense pas. Il faut voir avec le préfet justement pour qu’on soit attractif. Il faut qu’on puisse offrir aux habitants des services équivalents à une commune de plus de 5600 habitants.

Il y a aussi une déperdition de l’attractivité des commerces de proximité. La municipalité peut mettre en place le dispositif des boutiques à laisser, c’est-à-dire que dans un local vide du centre ville, on peut proposer à quelqu’un qui se lance et qui a peu de moyens de l’aider à investir ce local. Ça permet de rendre les lieux vivants. Je pense que l’on a aussi besoin d’innover, de créer des éléments pour attirer dans ces lieux des espaces de coworking, des tiers lieux. Ça ne coûte rien, le principe c’est de mettre les gens en réseau, et ils voient ensuite s’ils peuvent s’associer sur certains espaces.

 

Justement le centre ville est vraiment délabré, et il y a beaucoup de logements en très mauvais état. Que comptez-vous faire à ce sujet ?

 

Il y a plus de 300 logements vacants, c’est l’équivalent du nombre de logements vacants aux Angles ! Il y a deux fois trop de logements vacants à Roquemaure. Je pense que nous avons besoin de faire une Opah, une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat. C’est un outil pour requalifier les centres villes dans un périmètre ciblé, en lien avec l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH), la région pour l’aspect thermique et un bureau d’étude. Je pense que la mise en place d’un outil comme l’OPAH est essentiel. C’est ce qui a marché ailleurs. Ça permet aussi de lutter contre les marchands de sommeil, avec le permis de louer, la collectivité peut décider d’octroyer le droit de louer au propriétaire, pour les forcer à faire les travaux nécessaires.

 

Ceci c’est aussi un cercle vicieux parce que la problématique est un peu plus complexe que ça. C’est à dire qu’il y a des propriétaires qui ont des appartements qui ne sont pas aux normes et qui ne peuvent pas louer mais ne peuvent pas non plus avoir l’argent pour faire les travaux.

C’est une problématique mais il existe des systèmes d’aide aux travaux par l’ANAH, la région, et même la commune en fonction des revenus. La banque des territoires peut financer le reste à charge par un crédit, parce qu’il peut être compliqué pour un propriétaire âgé d’en obtenir un dans une banque traditionnelle. Si des travaux  sont trop lourds, on peut considérer que le propriétaire n’est plus en capacité de faire ce type de travaux et on peut racheter au prix des domaines pour le réhabiliter, ou le faire tomber en fonction du bâtiment.

Et concrètement vous pensez que c’est quelque chose que vous pouvez mettre en place pendant un mandat ? Parce que dès qu’on tombe dans des machineries plus complexes où l’état intervient, il y a des bureaux d’études. Cela a un coût pour la commune mais il faut payer les bureaux d’études, il faut payer les architectes.

Je n’ai pas de souci la dessus, s’il faut requalifier le centre ville il faut y aller. L’erreur qu’on fait certaines communes c’est de ne pas investir. Dès qu’on investit ça veut dire qu’on gagne de l’argent. Après il ne faut pas investir trop non plus, il y a des seuils. Et malheureusement l’état baisse des dotations aux communes qui n’investissent pas. L’état peut donner jusqu’à 40, 50% des travaux, c’est relativement important. Si vous rajoutez la région le département et la commune c’est une manne hyper importante pour les administrés s’ils sont en capacité de réhabiliter.
Pour autant c’est simple on en parle depuis le début. Roquemaure est en perte d’attractivité. On peut tourner toutes les questions que ce soit le développement économique ou autre, on est en perte d’attractivité. L’objectif c’est de remonter, de faire en sorte que ce soit un village où vous n’avez pas peur de prononcer son nom sans qu’on vous rie au nez. J’exagère mais quand vous allez dans les agences immobilières on vous parle maintenant d’un charmant joli village près d’Orange, ou à un quart d’heure d’Avignon, mais pas le mot Roquemaure. Je trouve ça absurde parce que non seulement c’est un village qui est joli mais il souffre d’une image déplorable.

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